07 juin 2009

Reflexions

Au moment du départ c’est toujours le même sentiment confus d’être à la fois triste et heureux de repartir. Triste bien sur de n’être resté que trois jours avec Say, nos animaux et nos amis. L’impression de n’avoir encore rien fait cette fois-ci malgré les levers tôt et les couchers tard. Triste de la laisser la toute seule pendant encore deux semaines et demies à se dépatouiller avec les tracas de la vie quotidienne à Paris. Heureux de quitter une météo exécrable fréquente en ce début de mois de juin, les embouteillages et une vie ou les loups du gouvernement font leur repas quotidien des moutons que sont devenus les français en moins d’un demi siècle. Heureux aussi de retrouver ce magnifique pays et les gens adorables qui l’habitent, une sorte de négatif de notre France actuelle. Je me demande comment la France à pu produire en son temps des révolutionnaires et des résistants quand j’observe la population actuelle. Alain me disait hier au téléphone que son fils aîné, comme moi, avait décidé d’aller exercer ses talents hors de nos frontières ayant déjà compris à 26 ans qu’il s’épuiserait à rester chez lui pour ne rien recevoir en retour. Dans la salle d’attente de CDG je trouve sur un siège le magasine Valeurs Actuelles qui dans son éditorial traite du succès rencontré par son dernier numéro qui titrait en première page : arrêtez d’emmerder les français. Pour que ce magazine que je découvre mais qui me semble ultra conservateur se permettent ce genre de titre c’est que vraiment tous en ont ras le bol. Mais ceci étant dit tout le monde se plaint, pleurniche et fait le dos rond en espérant que ça change…. grâce à l’action efficace du voisin!

C’est plongé dans ces réflexions amères que j’entends l’appel à l’embarquement. Observant les individus qui composent le panel des passagers je me dis que finalement c’est un échantillon assez représentatif de la population en terme de comportements et de caractères au moins et que si nous devions nous perdre sur une île déserte nous rencontrerions les mêmes situations que celles que nous rencontrons dans la vie de tous les jours. Pas mal de jolies filles dans la queue c’est ce qui manque un peu en Oman. Pas tant les jolies filles que la diversité des jolies filles d’ailleurs. Beaucoup de gays aussi et 30% des passagers au moins sont d’origine africaine ! Que peuvent-ils bien aller faire à Zurich ? La Suisse serait-elle devenue le nouvel Eldorado des populations africaines ? Mon esprit pervers ne peut s’empêcher de penser qu’une partie des fons distribués à l’Afrique au travers des grandes instances internationales comme le FMI et l’ONU se retrouvent sur des comptes numérotés zurichois. Pour avoir approché d’assez près le pouvoir dans certains pays africains, cette hypothèse n’est certainement pas totalement farfelue.

L’hôtesse me propose un journal en français et ce sera, en l’absence du Monde, Le Matin. Ce journal suisse francophone est amusant car en une demi douzaine de cahiers indépendant c’est un mélange des genres assez incroyable. A la classique page qui traite de la manière de bien soigner ses poiriers et précédant les petites annonces sur les écoles privées catholique suisses succède la traditionnelle page des PA « érotiques » riches en enseignements sur les pratiques locales. Piochées au hasard on trouve « Martigny, Portugaise, 19 ans, poilue, fesses à croquer, sodomie, spécialités, gentille, très coquine. 24/24 Bâtiaz 28 tel 076 539 71 19 » ou encore «Lauzane, Gare, de retour Renata, très belle étudiante, mince (20), joli corps, visage de rêve, pas pressée. 54 Bd Grancy. tel 077 441 04 00 » et même « Chavannes, Travesti nymphomane, comblée d’amour, toute sa virilité entre ses jambes, véritable plaisir. Tel 079 228 06 09 ». Doit-on alors s’étonner de trouver dans le cahier « points forts » une pleine page sur le futur procès de l’affaire Stern ? Dans un dernier cahier on découvre que Robert Karadine a été retrouvé mort à Bangkok dans une chambre d’hôtel avec une corde autour du cou et une autre autour des testicules. Jeu érotique ayant mal tourné ou meurtre maquillé, l’enquête le dira.. Je vous pose la question chers lecteurs : le monde serai-il entrain de devenir fou ? ;-)

Les membres de la police de l’air et des frontières suisses sont toujours aussi courtois et efficaces. Bonjour, merci et bon voyage font partie de leur vocabulaire ! Dis Nicolas, tu ne pourrais pas demander à ta ministre de l’intérieur d’affecter une partie de son budget à une formation accélérée de ses fonctionnaires ? Même obtus une journée par formule de politesse devrait suffire et je t’assure qu’en plus, de toute évidence, cela les rendrais plus efficaces : je n’ai en effet jamais fait la queue à Zurich pour les formalités de police. Pas plus d’ailleurs pour les contrôles de sécurité.

Dans le petit train souterrain qui nous mène de du terminal A au terminal E de l’aéroport de Zurich, quelques membres d’équipage de Thaï Airways me rappellent que finalement s’il devait manquer une chose à Oman pour être un pays paradisiaque ce serait  une population de jeunes femmes thaïes. Ce n’est pas qu’une question de physique mais aussi d’esprit, elles sont toujours joyeuses et s’émerveillent discrètement d’un rien. La ou une américaine aurait lancé un « wonderful, incredible, awsome ! » tonitruant, elles étouffent un petit rire et échangent un regard complice en voyant les images typiques défiler le long du tunnel et les champs typiques des berger retentir dans les hauts parleurs.

Fichtre, foutre, zut, mille sabords, je me disais bien depuis notre départ de la maison qu’il me manquait quelque chose…. J’ai oublié de mettre ma cravate ! Tant pis il m’en reste au moins cinq à Muscat, je ferais le retour à vide histoire de garder un certain équilibre. L’aéroport de Zurick est doté d’une superbe zone marchande qui n’a de duty free que le nom mais qui permet de retrouver la concentré toutes les entreprises de mode prestigieuse que la terre porte. Plongé dans mes réflexions, je passe devant la boutique Hermes et mon oeil est automatiquement attiré par le jaune orangé typique de la marque d’un sac en vitrine. Les cravates Hermes sont parmi mes préférées, sobres et donc très class mais avec une qualité de fabrication incomparable et toujours un style unique. J’en ai quelques-unes que je porte jusqu’à ce qu’elles soient usées jusqu’à la trame ce qui je l’avoue n’est en revanche pas très « class » mais posez vous la question : mieux vaut-il porter une vielle cravate Hermes ou une cravate Tie Rack flambant neuve ?

Indiens dans la passerelle

Avion sympa et bien assis ;-)

Passager à ma droite connu… ??

Distance 4772 Km vieux derrière bruyants !

Première vide !

La Suisse même vue d’en haut à l’air d’un pays paisible avec ses petits hameaux dispersés ci et la au milieu d’une nature préservée. Nous arrivons au dessus du lac et les petit cumulus de beau temps qui égayaient le ciel bleu de printemps s’écartent comme pour mieux laisser voir cette petite mer intérieure. Seul un petit nuage lenticulaire, comme un diadème, couronne ce havre de paix. Les petits points blanc qui la parsèment sont autant de voiliers partis sillonner ses flots le temps d’un après-midi ensoleillé. A son extrémité sud deux rivières viennent vomir leurs eaux chargées du limon arraché aux montagnes faisant naître ainsi comme une langue grise au milieu des eaux turquoises du lac que les bateaux de croisière déchirent en une multitude d’aiguilles aussitôt dissoutes. L’avion s’élève, nous sommes déjà à 9853m d’altitude. Une ravissante jeune hôtesse aux yeux d’un bleu aussi profond que le lac qui vient de disparaître sous l’aile de l’avion vient prendre commande du menu qui nous sera bientôt servi.

Etonnamment, dès que je pose le pied sur le sol omanais je me sens plus zen….

Posté par subsay à 22:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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